Points de départ

Intérieure/ extérieure, introvertie/ extravertie, ciselée/ brumeuse,  ça ne situe pas parce que c’est une musique qui n’a pas besoin de trop de précision descriptive, on cite Animal collective, Labradford ou Christian Fennesz à son propos mais on pourrait multiplier les références, Colleen par exemple, un brin de Pink Floyd pour les longues mémoires  sans que cela n’épuise sa particularité. Je sens un univers précautionneux mais plein de présence et il est en train de m’envahir. (DS) (XP475K)

Dans la série ‘Oracles’ sur Tzadik qui propose des créations exclusivement féminines. Yuka Honda c’était Cibo Matto ( pop, funk, trip-hop, jazz pour cerner avec beaucoup de liberté) avec Miho Hatori (un superbe album de musique pop – on dit tout avec ça-aux effluves nippones évidemment : Ecdysis-XH283W) .Là  elle sophistique considérablement sa musique qui devient instrumentale mais toujours au format chanson et ça nous donne 10 climats d’une inventivité qui finit par nous faire siffloter ce qui a priori semblait voué à rester inaccessible. Petite réminiscence de Jon Hassel – fabuleux Michael Leonhart à la trompette-, présence de Sean Lennon pour ceux qui veulent des noms. (DS) (UH7567)

Voilà presque un ressuscité ! Darondo a défié James Brown dans les années 70 mais il a été battu, pourtant certains n’oublient pas et quelques fondus lancent leur mémoire tout autour d’eux pour que le monde entier se souvienne (Gilles Peterson est dans le coup), et voilà une bombe atomique à retardement, ça démange, ça déhanche, ça fait des picotements partout, on dirait qu’Al Green et Sly Stone sont de retour, soit on connaît déjà et ça ne peut que faire du bien, soit on est jeune, on découvre et on a de la chance. (DS) (KD0285)

Il y a deux ans ils avaient sorti ‘Waiting for you…’ (KK5661), une bombe obscure et vénéneuse, du condensé d’obscurité chaloupée, mélancolie dubstep, abstraction et chaleur à donner le frisson de la fièvre. Le travail proposé ici est époustouflant, ni remix ni simple relecture  mais bien revisitation pour métamorphose, se servir d’une base créative pour créer un peu plus loin, musique souvent crépusculaire qui prend à la gorge, souvent déroutante parce que gorgée de dérive. Présence de Flying Lotus, Gang Gang dance,  Mala…(DS) (KK5663)

Un livre de près de 200 pages contenant biographie, mise en perspective historique, note sur l’interprétation par des musiciens et un coffret de 6 pièces proposant un découpage thématique fondé sur la seule idée de l’approche hédoniste…voilà ce qu’apportent les éditions Alpha pour aborder Bach dans un esprit de festin, par le corps et par la pensée comme on dit, belle ambition conforter  les amateurs, ceux qui aiment, dans leur plaisir, et introduire ceux qui veulent trouver comment aborder Bach et qui sont intimidés. (DS) (BB0105)

Voilà un livre fascinant pour ceux que le bruitisme intéresse car voilà un ‘bruiticien’ qui met les bruits en mots, qui explique comment il est passé du bruit à l’écriture : ‘comment faire subir à l’écriture ce que la noise a fait subir au son’,telle est la démarche adoptée, mais aussi  sorte de quadrillage métaphysique des conceptions élaborées par l’auteur pour aller aussi bien en amont qu’en aval de son travail à partir de la science-fiction populaire, les théories de la physique ou le catch (oui oui, le catch). (DS) (HA9578)

 C’est facile de dire que Claudia Cardinale est belle mais il y a plus, pure présence dans ce film elle donne le sentiment de ne pas jouer, comme s’il n’y avait ni cadre ni écran devant nous, comme si le cinéma était la vie réelle, donc de quoi  s’interroger, se troubler, se demander si ce qu’on voit n’est pas plus vrai que vrai. A côté d’elle, avec elle devrais-je dire, Jacques Perrin, immaculé, sans tache, innocent peut-être. Deux évidences qui transpercent le cadre avec une douceur bouleversante pour nous remuer les yeux et les méninges : c’est charnel et spirituel et ça ne se démêle pas. Tant mieux (DS)(VF0017)

 Réédition majeure, le premier album d’Hemphill sorti sous son nom en 1972,chef d’oeuvre de la Great Black Music, cri d’amour à l’Afrique irrigué d’un blues gorgé de transe mais aussi musique aventureuse pour ne pas dire expérimentale ( dans un sens glorieux, on expérimente parce que c’est le mouvement même des choses, qu’il faut chercher pour combattre le poids du monde ou s’illuminer), musique des racines travaillée par les questionnements esthétiques, culturels et politiques puisque l’auteur a fondé le Black Artist Group, collectif crée pour promouvoir et entretenir l’indépendance d’ artistes marginaux. Voilà une recherche qui étrangle d’émotion. (DS) (UH4511)

Briser les frontières entre le souvenir, le rêve et la réalité, belle idée pour nous introduire à Odilon Redon et de fait ce qu’il peint m’a toujours semblé en même temps précis et onirique, il dessine les rêves mais le côté tangible de son inspiration ne peut jamais être oublié, pas qu’on puisse parler de mélange ou d’équilibre, je ressens plutôt un grand trouble bienfaiteur, comme si tout se trouvait là, sur la toile, et qu’il ne nous obligeait jamais à choisir. (DS)(TC6811)

 

 

 

 

 

 

 

 

Rencontre étincelante entre l’art brut (dénomination forgée par Jean Dubuffet pour décrire une expression totalement autodidacte) et la musicologie. Adolf Wölfli, interné pendant la plus grande partie de sa vie est mondialement connu pour ses écrits et ses dessins dans lesquels on trouve grande quantité de portées représentant de véritables compositions musicales. Il s’agit en fait d’un système original que Baudoin de Jaer a entrepris de déchiffrer pour un résultat intrigant, musique résolument contemporaine (avant la lettre ???) qui peut mener à une véritable fascination pour les cryptogrammes crées par Wölfli. (DS)(XW840r)

 

Rompu au contemporain répétitif ( il est cofondateur du festival new-yorkais Bang on a can) David Lang s’inspire de la Passion selon saint Matthieu de Bach pour nous donner une version lumineuse du conte d’Andersen. Lenteur et scintillement mélodique au programme. Lang parvient à articuler le monolithisme des partitions répétitives avec la chaleur de la Passion. (DS) (FL1882)


Un disque et je dirais surtout, un livre sidérant  consacré aux musiques, aux masques, aux images véhiculées par le carnaval de Jacmel à Haiti. ’Le carnaval comme intercesseur des violences subies, de l’esclavagisme, des politiques autoritaires’.Je vous le conseille, rien que pour les photos, évocatrices et perturbantes. Sur l’excellent label Soul Jazz. (DS) (MF2081)

 Comme d’habitude le nouvel opus  d’Alva Noto et Ryuichi Sakamoto est  tout en ambiance, délicatesse et profondeur ; silence, lenteur, suspension et subtiles inventions sonores  au programme. Mais si je vous glisse un mot sur ce disque c’est parce qu’y figure une reprise de taille, celle d’une miniature composée par BRIAN ENO sur ce qui reste un de ses plus extraordinaire album ( je pèse mes mots) :BEFORE AND AFTER SCIENCE (XE550E) ,reprise donc de la chanson BY THIS RIVER, sorte de douce complainte tout en écho,  comme une image qui disparaît tout doucement de l’avant-scène pour s’incruster encore plus profondément en nous .Je vous conseille donc d’aller réécouter cette renversante mélodie  et d’entamer une séquence avec les deux versions proposées par notre délicat duo sur SUMMVS. (DS) (XA401F)

Les fans de l’inénarrable Katerine feraient bien d’aller jeter une oreille sur ce disque ‘enfantin’, adaptation quelque peu décoiffante du conte d’Andersen adéquatement appelé ‘vilain petit canard’ . Ca délire, déconne, décoince grâce au fou Philippe accompagné entre autres de J.P.Nataf, Arielle Dombasles et Jeanne Cherhal. (DS) (LK6750)

Dans la série ‘Oracles’ sur Tzadik qui propose des créations exclusivement féminines. Yuka Honda c’était Cibo Matto ( pop, funk, trip-hop, jazz pour cerner avec beaucoup de liberté), avec Miho Hatori (un superbe album de musique pop – on dit tout avec ça-aux effluves nippones évidemment : Ecdysis-XH283W) .Là  elle sophistique considérablement sa musique qui devient instrumentale mais toujours au format chanson et ça nous donne 10 climats d’une inventivité qui finit par nous faire siffloter ce qui a priori semblait voué à rester inaccessible. Petite réminiscence de Jon Hassel – fabuleux Michael Leonhart à la trompette-, présence de Sean Lennon pour ceux qui veulent des noms. (DS) (UH7567)

Pour moi Frank Capra c’est l’architecture de la nostalgie et plus particulièrement sa construction visuelle de la mythique SHANGRI-LA (dans la mythologie bouddhique, SHAMBHALA, lieu du bonheur paisible en sanskrit). En revoyant le film je me suis dit que ça ne tenait pas debout, je ne parvenais plus à entrer dans cette sorte de naïveté, sans doute trop absorbé par ‘le réalisme de la réalité’, mais tout compte fait ce qui m’est apparu comme une régression est surtout une très belle manière de se perdre dans l’inconnu, de trouver un ‘avant’ ou un ‘autre lieu’ pour  dépayser le temps et l’espace et  nous obliger à architecturer autrement tous nos repères. (DS) (VH5546)

C’est lent et presque majestueux si ce n’est que je pense à un lyrisme désamorcé comme pour mettre encore plus à nu un entrelacs d’émotions énoncées par une voix tamisée, on dirait qu’il se retient de trop chanter, qu’il ‘rentre’ ses mots pour nous obliger à ne pas oublier de les écouter. Il dit de ses chansons qu’elles permettent d’éclairer les angles obscurs et je dirais qu’avec lui l’obscurité paraît bienfaisante. Pour ceux qui veulent savoir il a travaillé avec M et Vanessa Paradis et s’il faut situer on pensera à Léonard Cohen, Gérard Manset, Bashung évidemment et il se déclare fan de Robert Wyatt, ce qui oblige à l’écouter !!!  (DS) (NK0397)


 La sonorité de Stéphane Belmondo est une délectation et à elle seule mérite l’attention, on dira que cette musique n’a rien de révolutionnaire, qu’elle est même un peu figée, un classicisme un peu trop suranné à mon goût (j’en ai trop écouté) mais rien à faire ce qu’il sort de ses instruments (trompette, bugle, trompette basse) c’est du velours dans la bouche et  en un mot c’est très beau !!! (DS) (UB3474)


 Aux amateurs de la trilogie Millénium de Stieg Larsson ou de Henning Mankel et son commissaire Wallander  il est temps de passer à l’Islande et à Arnaldur Indridason dont on vient d’adapter ‘La cité des jarres’ au cinéma, portrait en lumière rasante de l’espace mental d’une petite île où nom et prénom n’ont pas la même position que chez nous. Question de filiation et de paternité donc dans cette excellente lecture cinématographique où le metteur en scène parvient à installer un véritable climat.(DS) (VJ0235)


Même pays pour cette violoncelliste qui aurait pu écrire la musique du film de Kormakur tant elle sonne cinématographique et dont les ambiances n’auraient aucune peine à coller à la noirceur de l’intrigue. Lenteur, tristesse et mélancolie au programme pour ces images sonores génératrices d’une grande émotion qui  évoquent sans problème  un field recording  bouleversant. Collaborations avec Mum, Pan Sonic ou Johann Johannsson.(DS)(XG942C)

Film constellé de lenteur, d’ombres et de dévoilement, bruissant de l’écho de la végétation et des cascades, Boonmee montre l’apparition de fantômes chaleureux, de l’illusion et du réel en laissant intact l’absence de démarcation entre monde réel et spirituel parvenant même à inclure dans sa trame un réflexion politique aussi dénuée de lourdeur que le fond métaphysique ( ou religieux, selon sa sensibilité ou ses croyances) du propos.(DS)( VO0206)

  Je ne sais pas si une histoire aussi douloureuse peut être réellement belle, je crois que le film ménage cette interrogation,au-delà de sa beauté formelle et de l’inévitable empathie qu’on peut ressentir pour les ‘personnages’,on dépasse ici la simple histoire d’amour pour s’interroger sur la véritable nature du mot ‘romantisme’. A mon sens la lecture des lettres de Keats à Fanny Brawne peut aider à décaler le film par rapport à lui-même ce qui est rendu nécessaire si on ne connaît pas l’oeuvre du poète (ce qui est mon cas). (DS) (VB0979)

J’ai pris l’album par une chanson et cette chanson par une phrase : «…puis le temps fit ce que le temps fait toujours/il dressa le passé dans le contre-jour… » et à partir de là tout est venu comme une pelote de laine émotionnelle qui se dévide pour trouver un beau fil limpide. Sous des  airs de tranquillité, il pose tout près de nos oreilles une poésie en parfaite harmonie avec ses mélodies  ce qui ne m’étonne pas lorsqu’on voit comment il définit la place des mots dans son album : « ne pas céder aux qualités plastiques de la phrase et revenir un peu sur cette idée que seules leurs sonorités devaient présider au choix des mots. Cette fois, les textes n’ont pas été écrits, ne sont pas passés par le papier pour ne pas organiser la phrase selon des concepts graphiques. J’ai souvent mis le casque sur les oreilles et chanté directement, sans écrire, LES MOTS SONT NES AU SEIN MEME DE LA MUSIQUE. »(DS) (NB1965)

  Où on apprend que le nom des gens c’est important, ça fait la vie, ça fait l’histoire, la petite, la nôtre, mais ça peut aussi faire la grande. Ce film fait rire et réfléchir en même temps, exactement au même moment, miracle rare, là on voit que l’engagement peut passer par le sourire, la rigolade ou la franche déconnade. Le slogan du film pourrait être ‘LA POLITIQUE AUTREMENT’, essayez, ça fait du bien sur le moment, une fois le film fini, l’humour grinçant peut reprendre le dessus.(DS) (VN 0353)

 

LE VIOLONCELLE PARLE


Pérégrination chaleureuse, voilà à quoi devrait ressembler la solitude, une solitude ouverte sur le chemin et c’est ce que j’ai ressenti en écoutant cette parole de violoncelle, n’étant ni spécialiste ni initié je ne vais pas prétendre juger avec assez de pertinence mais c’est une forme musicale qui s’empare de moi de plus en plus souvent, un instrument seul avec une sonorité qui à priori me semble plus abstraite, plus lointaine peut-être que celle du sax ou de la trompette mais dont la chaleur submerge tout autant . Un bon point de départ. (DS)(GB7216)

Une instrumentation particulière, guitare plus chaturangui (guitare indienne) pour Eric Carbonara, harpe pour Jesse Sparhawk par ailleurs membre de Fern Knight, représentant estimé de la scène ‘Acid folk’ (Espers ou Mountain home), deux longues pièces équilibrées entre les traditions indiennes et occidentales, forme étrange de syncrétisme, fort réussi. (DS) (XS638M)

A l’époque, j’avais adoré le bouquin de Jiro Taniguchi, C’est dire le scepticisme que m’habitait avant la vision du film de Garbarski. La transposition Japon – Occident, l’inéluctable comparaison entre les deux œuvres, …autant de raisons qui pouvaient rendre ce projet  « casse-gueule ». Sans être un chef d’œuvre, j’y ai retrouvé de la fraîcheur, de l’émotion, une certaine nostalgie de l’enfance, …autant de qualités qui m’ont fait passer un agréable moment cinéma. (SM)(VQ0087)

Gavin Bryars parle de percussions mélodiques pour caractériser son travail sur ce disque, avec un instrumentarium  comprenant notamment vibraphone, marimba, xylophone, glockenspiel (percussions à clavier) Bryars parvient à atteindre ce que je ressens comme une ‘ampleur intime’. Ses développements installent une sorte de scintillement léger, il crée une musique qui sautille d’une percussion à l’autre en installant dans une ambiance propice à une rêverie concentrée. (DS) (FB9007)

Benjamin de la Fuente relie ces deux disques classés dans deux collections différentes, le jazz et la musique classique contemporaine et il pourrait déconcerter les amateurs de l’un et l’autre de ces rangements étant donné son ouverture à différentes sphères  de perception et de création ; violoniste il décadre l’utilisation de  son instrument jusqu’à le rendre méconnaissable er son discours permet de comprendre les évolutions musicales les plus transformatrices. Renvoi opportun vers notre projet ‘ARCHIPELS’ et plus précisément vers notre travail sur l’îlot ‘Recyclage’ dont vous trouvez une présentation dans le service. (DS) (US7299) (FD4802)


Renversant, novateur, dérangeant, et d’une certaine façon tragique, La doppia ora (en français l’heure du crime) de Giuseppe Capotondi est un condensé de sensations oscillant entre le malaise et l’admiration. Les personnages principaux, remarquables cela dit en passant, se renvoient sans cesse la lumière dans cette énigme criminelle, reflétant en outre la complexité des rapports humains et amoureux. Conclusion: Bluffant! ».(CR)(VD0659)

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